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La Parabole du Grain de Sénevé et la grandeur outrancière
Série
LES MYSTÈRES DU NOUVEAU TESTAMENT
Jour 44 sur 30
· Matthieu 13:31-32
Il leur proposa une autre parabole, et il dit: Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences; mais, quand il a poussé, il est plus grand que…
· Apocalypse 2:12-17
Écris à l’ange de l’Église de Pergame: Voici ce que dit celui qui a l’épée aiguë, à deux tranchants: Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan. Tu retiens mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même aux jours d’Antipas,…
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Le grain de sénevé devenu un arbre où nichent les oiseaux du ciel : un faste qui contredit l’humilité du Royaume des cieux, qui ne vient pas pour frapper les regards.
Depuis la Parabole du Semeur, et plus précisément à partir de la Parabole de l’Ivraie semée parmi le Blé, le Royaume des cieux sur la terre a pris une autre forme. Cette nouvelle forme, qui traduit le changement opéré en son sein, fait décrire « le Royaume des cieux comme étant semblable à… ». Ce n’est donc plus le Royaume des cieux à proprement parler, mais quelque chose qui lui est semblable.
Il en est de même pour l’Église de Jésus-Christ. Dans sa forme visible, elle a subi une mutation interne. Ce qui fait qu’il est désormais plus juste de parler de chrétienté plutôt que de christianisme. Car, ce n’est pas tout ce qu’on voit dans l’Église visible, qui est d’émanation divine, biblique ou christologique.
C’est en cela que réside le parallélisme entre les Sept Paraboles du Royaume des cieux et les Sept Églises représentatives d’Asie Mineure. Les unes traduisent, d’un côté, les mutations négatives et regrettables intervenues dans le programme d’implémentation du Royaume des cieux sur la terre, et les autres rendent compte des transformations et modifications introduites dans l’Église visible de Jésus-Christ. De sorte que ni le Royaume des cieux, ni l’Église visible de Jésus-Christ ne sont plus ce qu’ils étaient appelés à être.
En effet, dans la Parabole du Semeur, le Royaume des cieux, comme il est perçu par Dieu, est représenté par « Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la parole et la comprend; il porte du fruit, et un grain en donne cent, un autre soixante, un autre trente. » (Matthieu 13:23). Ce verset 23 est une description parfaite de ce qu’est le Royaume des cieux, aux yeux de Dieu. Mais les choses ne resteront malheureusement pas en l’état, puisque dans la Parabole de l’Ivraie semée parmi le Blé, nous assistons à une cohabitation entre la mauvaise semence et la bonne semence, c’est-à-dire les fils du Malin côte à côte avec les fils du Royaume, dans une configuration qui favorise la confusion en rendant imperceptible voire très complexe la distinction entre les deux entités, pourtant antinomiques.
On constate la même chose avec l’Église visible de Jésus-Christ sur la terre. De fait, telle que présentée à son tout début, représentée par l’Église d’Éphèse, elle était entièrement de Christ. Il n’y avait rien d’étranger en son sein. C’était l’Église désirée de Dieu, l’Église apostolique, l’Église entièrement et exclusivement fondée sur le Roc qui est Christ. Effectivement, dans ses débuts, l’Église visible était appréciée pour son refus de tout compromis avec ce qui n’est exclusivement de Christ.
Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs;…
Au temps des apôtres, à l’ère de l’Église primitive, les faux apôtres comme les concepts non scripturaires n’étaient ni admis, ni tolérés. À ce propos, j’attire votre attention sur le panégyrique que Christ a fait de l’Église d’Éphèse : « Tu as pourtant ceci, c’est que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que je hais aussi ».
Quelle belle symbiose entre le Maître et Son « Ecclésia », Son assemblée !
Mais, à l’instar du programme d’implémentation du Royaume des cieux, les choses ne resteront pas en l’état. Hélas ! Puisque, une fois sortie du temps des apôtres, l’Église visible, dans sa deuxième période sur la terre, se verra infiltrée.
En effet, en son sein, il sera observé la présence d’une synagogue de Satan.
Je connais ta tribulation et ta pauvreté (bien que tu sois riche), et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan.
Avez-vous bien remarqué les remarques du Seigneur ? « ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas », « mais qui sont une synagogue de Satan ». N’est-ce pas là la cohabitation entre le vrai et le faux, entre ce qui est de Christ et ce qui est du Malin ? Exactement comme dans la Parabole de l’Ivraie semée parmi le Blé. Un constat similaire dans deux contextes différents mais convergents.
Malheureusement, ce qui a commencé avec la Parabole de l’Ivraie semée parmi le Blé, tout comme avec l’Église de Smyrne, ne va pas s’arrêter, mais ira crescendo.
Ainsi, le Royaume des cieux ressemblera à une graine de moutarde ou à un grain de sénevé qui, bien qu’étant la plus petite de toutes les semences, « quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches ». Une anormalité évidente ! Un paradoxe qui crève l’œil ! Une sorte d’anomalie génétique. Eh oui, c’est l’aspect qu’avait revêtu le programme d’implémentation du Royaume des cieux à un moment donné de l’histoire. En effet, ce qui a commencé modestement, sans fanfare, juste comme une activité somme toute ordinaire « un Semeur sortit pour semer », a pris des proportions qui défient toute logique.
Ici, ce qui est en vue, avec l’image du grain de sénevé et sa croissance paranormale, c’est le contraste flagrant de la grandeur extérieure, « l’apparat » que prend le Royaume des cieux. Et pourtant, conformément à la réponse que le Maître avait donnée aux pharisiens, le Royaume des cieux ne vient pas de manière à frapper les regards.
Les pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Il leur répondit: Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards.
Mais, diantre, d’où vient que le petit grain de sénevé est devenu une espèce avec une envergure si imposante ?
Réalisez avec moi que ce qui est pointé du doigt dans la Parabole du Grain de Sénevé, ce n’est pas le fruit. Non ! Notre attention est plus attirée sur le contraste évident entre la petitesse initiale du sénevé et sa grandeur subséquente, image absolument disproportionnée.
Cette grandeur extérieure antinomique de la petitesse (modestie) de la graine, fait penser à la tendance orgueilleuse que Dieu déteste et qui est souvent toisée par Dieu, dans Sa parole. Voir par exemple les dires des prophètes Ésaïe et Daniel.
Car il y a un jour pour l’Éternel des armées Contre tout homme orgueilleux et hautain, Contre quiconque s’élève, afin qu’il soit abaissé; 13 Contre tous les cèdres du Liban, hauts et élevés, Et contre tous les chênes de Basan; 14 Contre toutes les hautes montagnes, Et contre toutes les collines élevées; 15 Contre toutes les hautes tours, Et contre toutes les murailles fortifiées; 16 Contre tous les navires de Tarsis, Et contre tout ce qui plaît à la vue. 17 L’homme orgueilleux sera humilié, Et le hautain sera abaissé: L’Éternel seul sera élevé ce jour-là.
Voici les visions de mon esprit, pendant que j’étais sur ma couche. Je regardais, et voici, il y avait au milieu de la terre un arbre d’une grande hauteur. 11 Cet arbre était devenu grand et fort, sa cime s’élevait jusqu’aux cieux, et on le voyait des extrémités de toute la terre. 12 Son feuillage était beau, et ses fruits abondants; il portait de la nourriture pour tous; les bêtes des champs s’abritaient sous son ombre, les oiseaux du ciel faisaient leur demeure parmi ses branches, et tout être vivant tirait de lui sa nourriture. 13 Dans les visions de mon esprit, que j’avais sur ma couche, je regardais, et voici, un de ceux qui veillent et qui sont saints descendit des cieux. 14 Il cria avec force et parla ainsi: Abattez l’arbre, et coupez ses branches; secouez le feuillage, et dispersez les fruits; que les bêtes fuient de dessous, et les oiseaux du milieu de ses branches!
La grandeur disproportionnée qu’était devenu le Grain de Sénevé contraste avec l’humilité qui est la marque de fabrique du Royaume des cieux. En effet, dans le Royaume des cieux, la vraie grandeur trouve ses normes dans la modestie, dans la sobriété et non dans le faste. Mais, dans « le Royaume des cieux qui est semblable à… » le faste est non seulement recherché, mais il en est même la jauge.
Ce qui avait commencé modestement comme une simple activité de semence avait été pris pour cible par le diable, à travers l’Ivraie. À cette époque, le mal s’était signalé par la confusion, l’amalgame. Mais avec la Parabole du Grain de Sénevé, le mal revêt une toute autre forme. C’est l’expression de la magnificence, de la grandeur outrancière. Au point que les oiseaux du ciel, les esprits méchants y trouvent refuge. Cela fait penser à un système similaire bien connu, appelé BABYLONE LA GRANDE, qui est un lieu de refuge et un repaire de démons.
Il cria d’une voix forte, disant: Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau impur et odieux,…
Il y a beaucoup à dire sur la tournure que le programme d’implémentation du Royaume des cieux (et par analogie l’Église de Christ aussi) a prise. Nous poursuivrons demain.
Plus que jamais, que le Saint Esprit « illumine les yeux de notre cœur », pour que nous assimilions l’étendue, les subtilités et les particularités du Mystère du Royaume des cieux. Souvenons-nous que nous sommes destinés à faire des exploits avec Dieu, selon le Psaume 60:14 !
✦ À retenir
Avec la Parabole du Grain de Sénevé, on retiendra le contraste entre la modestie et le faste, entre la petitesse de départ et la grandeur outrancière
Et pourtant, le Royaume des cieux ne vient pas pour frapper les regards.
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