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Face au manque, ne court-circuitez pas Dieu
Du temps des juges, il y eut une famine dans le pays. Un homme de Bethlehem de Juda partit, avec sa femme et ses deux fils, pour faire un séjour dans le pays de Moab.
La famine à Bethléhem, maison du pain, est un paradoxe. Face aux manques, ne nous fions pas à notre sagesse. La faim n'est pas la fin, mais un tremplin. Approchons-nous du trône de la grâce pour être secourus.
La famine à Bethlehem, une réalité oxymorique. En effet, Bethlehem signifie maison de pains. En principe, à Bethlehem tout pouvait manquer sauf du pain. C’est un paradoxe qui fait partie de la vie. Hélas, la vie est émaillée d’oxymores. Voyez-vous, quelles que soient notre aptitude et capacité d’anticipation, notre latitude à bien circonscrire nos besoins, il y en aura toujours, qui défieront nos ressources tant matérielles, financières qu’intellectuelles.
En effet, les pénuries ne manqueront jamais. Nul ne peut être définitivement et totalement à l’abri des manques. Ne percevons donc pas un manque comme une finalité. Au contraire, chacun de nous doit être préparé à faire face à des manques, à un moment ou à un autre, avec intelligence et sagesse, dans la foi et la dignité. J’espère et je prie que la présente méditation sera utile à cette fin.
Avant d’aller plus loin, je suggère, pour mieux profiter de la présente méditation, la lecture entière du livre de Ruth, d’où nous tirerons plusieurs instructions cette semaine. C’est une parenthèse. Revenons donc à notre texte.
Confronté à la famine, un père de famille avait pris avec lui sa femme et ses deux fils, pour aller séjourner dans un autre pays, au pays de Moab.
Vous remarquerez avec moi que nulle part, il n’est fait mention d’une quelconque démarche visant à consulter Dieu, pour savoir l’attitude qu’il convenait d’adopter face à la pénurie de nourriture qui sévissait à Bethlehem. Cette tendance, presque générale, à vouloir résoudre les situations éprouvantes auxquelles la vie nous confronte, sans recourir à Dieu, suscite bien évidemment des interrogations.
Sur quoi comptons-nous, quand nous nous débattons sans appeler Dieu au secours ? Pourquoi sommes-nous lents et manifestons-nous de la lourdeur à aller devant Dieu, afin de Lui exposer ce qui nous éprouve ? N’est-Il pas capable de nous révéler la voie, la meilleure à suivre ? Ne savons-nous pas qu’une voie peut paraître droite à nos yeux et cependant conduire à des frustrations, voire à la mort ? (Proverbes 16:25)
Nous nous comportons ainsi parce que nous nous trouvons sages à nos propres yeux, et nous nous appuyons sur notre propre sagesse (Proverbes 3:5). Or, quiconque se trouve sage à ses propres yeux ne trouvera pas nécessaire d’en appeler à la sagesse de Dieu.
Le personnage évoqué dans notre texte du jour avait trouvé juste et sage de sortir de Bethlehem, afin de mettre sa famille à l’abri de la famine, sans s’en remettre à Dieu. Il pensait avoir résolu le besoin de la meilleure façon possible, à ses yeux. Hélas ! En s’éloignant de Bethlehem pour fuir la famine il a rencontré la mort (c’est la suite du récit qui me fait dire cela).
Au moment où tu lis cette exhortation, tu fais certainement face à une situation, à un besoin, à une équation à résoudre, à une décision à prendre. Tu es comme à la croisée des chemins. Tu es embarrassé. La situation en question te plonge dans une certaine perplexité, dans un embarras qui te perturbe. Sache qu’il est déconseillé voire imprudent de prendre des décisions importantes sur un coup de tête. La précipitation est contreproductive quand on est sous pression, comme c’est souvent le cas dans bien des situations que nous traversons. Quand c’est « chaud », il faut agir avec sang-froid.
Aucun besoin ne peut sonner la fin. Aucun manque ne doit être perçu comme une fin. La faim n’est pas la fin. La faim, à l’instar de bien d’autres besoins et situations déconcertantes, n’est rien d’autre qu’un tremplin. Il faut apprendre à traverser intelligemment et sereinement les vallées de la vie, si on veut aller loin et arriver à bon port, sans coup.
« 29 Comme Jacob faisait cuire un potage, Ésaü revint des champs, accablé de fatigue. 30 Et Ésaü dit à Jacob : Laisse-moi, je te prie, manger de ce roux, de ce roux-là, car je suis fatigué. C’est pour cela qu’on a donné à Ésaü le nom d’Édom. 31 Jacob dit : Vends-moi aujourd’hui ton droit d’aînesse. 32 Ésaü répondit : Voici, je m’en vais mourir ; à quoi me sert ce droit d’aînesse ? 33 Et Jacob dit : Jure-le-moi d’abord. Il le lui jura, et il vendit son droit d’aînesse à Jacob. 34 Alors Jacob donna à Ésaü du pain et du potage de lentilles. Il mangea et but, puis se leva et s’en alla. C’est ainsi qu’Ésaü méprisa le droit d’aînesse (Genèse 25:29).
Ésaü avait eu faim. Il voyait en la faim, une fin. Cette vision de la faim qu’il avait eue l’avait conduit à adopter une posture mentale qui lui a causé un énorme préjudice. Il a vendu son droit d’aînesse, pour du pain et du potage de lentilles.
Notons que chaque fois que nous traitons une situation éprouvante comme une finalité, nous courons le risque de brader des choses ayant une valeur éternelle contre des choses périssables. Pour nous, enfants de Dieu, nous bénéficions d’un atout inestimable : la possibilité et l’opportunité toujours renouvelée de nous approcher avec assurance du trône de la grâce, … pour être secourus dans nos besoins (Hébreux 4:16).
Profitons donc de ce libre accès auprès du Père pour L’inviter dans nos difficultés. Il n’est pas de situation qu’Il ne puisse pas nous aider à solutionner.
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✦ À retenir
aucune situation éprouvante n’est une finalité,
quand une situation éprouvante défie nos propres ressources, référons-nous à notre Dieu,
Dieu connaît la voie de sortie de la détresse,
Dieu sait transformer la détresse en allégresse.
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